Concours FIWA des vins chinois

J’ai eu la chance de participer le mois dernier au salon du concours FIWA regroupant les vins primés notamment par des dégustateurs chinois. Organisé par Olivier BOUCHE, président de la prestigieuse Compagnie des Courtiers Jurés-Experts Piqueurs de Vins de Paris, ce bel événement fut l’occasion de rassembler des vins du monde entier, avec une assez bonne présence chinoise. Une première pour votre serviteur.

Quel goût a le vin chinois ? L’honnêteté m’oblige à reconnaître que, dégusté en aveugle, le pays d’origine du vin serait resté insoupçonné. Bon nombre de ceux présents et primés, à l’instar de Ho-Lan Soul, s’inspirent en effet largement des méthodes bordelaises, que ce soit au niveau des cépages cultivés (cabernet franc, cabernet sauvignon, syrah, …), des vinifications ou des élevages. Et si le résultat est très lisible et sans défaut, on regrette tout de même cette uniformisation des vins et du goût.

Contrairement aux préjugés, la Chine dispose d’une certaine ancienneté en matière viticole : les premières vignes remonteraient à l’empereur Wudi, en 138 avant J-C. Et si le climat continental se révèle problématique avec des hivers très froids et les moussons, l’immensité du pays offre des terroirs très divers. Surtout, les cépages autochtones existent (Long yan « œil du dragon », « cœur de coq », etc.) mais restent peu mis en avant. En termes de volume, rappelons que la Chine est le premier producteur mondial de raisin avec 19% de la production, et le 6ème producteur de vin.

Certes, le goût du consommateur chinois moyen se porte plutôt vers des vins rouges doux, souvent coupés à la dégustation, comme dans certains pays du nouveau monde. Mais le goût du dégustateur français ou européen doit-il être considéré comme le mètre-étalon ? Une question qui doit rester cœur de tout concours international, 7 années après la mascarade du concours « Bordeaux contre Ningxia ».

La grande dégustation DMC

De très beaux vins étaient présents à cette édition 2019 de la grande dégustation de Domaines Maisons et Châteaux, au pavillon Wagram. Difficile de revenir sur tous, mais voici mes 2 coups de cœur.

Champagne Lallier : Possédant 15 hectares de vignes essentiellement en grand cru et sur le vignoble d’Aÿ, cette maison ne cultive donc pas le pinot meunier. Mais en restant sur les deux autres cépages traditionnels de la Champagne, elle signe des vins frais et aptes au vieillissement. Si le R.014 ne nous a pas laissé un souvenir impérissable, le Brut Blanc de Blanc Grand Cru est doté d’une belle complexité, parfait pour accompagner un repas. Mais c’est surtout la cuvée Ouvrage Grand Cru qui nous a impressionné avec ses notes beurrées, toastées, et ses légers arômes d’abricot et de poire. Elevé 5 ans sous liège (bouchon maintenu par des agrafes), il est issu d’un tiers de vins de réserve et présente un superbe équilibre malgré un dosage inférieur à 6 grammes par litre.

Cormes

Cormé 2018 Eric Bordelet : C’était ma première rencontre avec Eric Bordelet, le vigneron du verger. Ancien sommelier, il présente en effet la particularité de ne cultiver que des pommes et des poires sur son domaine familial de 19 hectares situé en Normandie. En bouche, première surprise avec des « sydres » équilibrés et complexes, qui empruntent effectivement plus à l’univers des vins blancs qu’à celui des jus de pommes fermentés fermiers. Outre un Poiré Granit 2017 bien équilibré, nous retiendrons surtout son Cormé 2018, boisson ancestrale issu de la fermentation de la corme, un fruit de la famille des rosacées proche des poires. Une remise au goût du jour d’un fruit et d’une boisson authentiques, et qui donne surtout une boisson ronde et complexe, bien équilibrée malgré ses 30 grammes de sucres résiduels par litre (pour un taux d’alcool de 7%). Une belle découverte !

Meilleur Gamay du Monde 2019

Il y a quelques jours avait lieu le traditionnel concours du meilleur gamay du monde à Lyon. Un concours à vocation mondial car si le gamay reste majoritairement cultivé dans le Beaujolais, 20 % de sa production se fait hors de France. Bien que n’ayant pu participer à cette édition, le gagnant de la récompense ultime (le meilleur des médailles d’or) a été attribué à Franck Chavy pour la cuvée Fût de Chêne de son Morgon 2017 (sur la parcelle Corcelette). Un vin que j’ai eu la chance de déguster dans son millésime 2015 il y a un an (et qui avait lui aussi remporté une médaille d’or mais pas le trophée), au salon des vignerons indépendants de porte de Versailles. Profond et gourmand, il m’avait marqué comme le meilleur cru de Beaujolais présent sur cet énorme salon.

Selon le concours :

« Le Meilleur Gamay du monde 2019 prend ses racines sur les sols composés de sable, de roche et de gore du lieu-dit « Corcelette », un des 7 grands terroirs historiques du Cru Morgon. 2017 est un millésime précoce, sec et chaud au même titre que 2015, l’année de la dernière cuvée gagnante du concours en 2018. Franck Chavy signe ici une cuvée représentative de ce que l’on fait de meilleur en Beaujolais grâce à des conditions climatiques et un terroir exceptionnel mais par-dessus-tout grâce à la persévérance de ce perfectionniste dans l’âme. Macérations longues (20 jours), élevage en trois volumes de fûts de chêne différents (500L, 215L & 350L) : Toute la créativité de ce technicien passionné s’exprime dans ce Morgon 2017. Ici, le Gamay est réellement mis en valeur par un élevage subtil. Résultat : Des arômes de petits fruits noirs précédant des notes d’épices (anis sauvage, poivre, moka) qui ont su charmer les dégustateurs du jury. Prix de vente au caveau : 19€50. » 

Salon Vins et Truffes

J’ai eu la chance de participer au salon des vins de la vallée du Rhône et truffes organisé il y a quelques jours au pavillon Ledoyen. Quelques coups de cœurs dégustés dans ce superbe écrin.

Saint Peray François Villard 2017 : Une belle surprise que cet assemblage de 2/3 marsanne 1/3 roussanne. L’attaque est vive mais le gras très présent avec une très belle longueur en bouche. Je l’ai sur l’instant préféré au Saint Joseph du même domaine, voir au Condrieu, pourtant très réussis.

Domaine de la Solitude Chateauneuf-du-pape La réserve secrète 2015 : Superbe cuvée, encore jeune mais très prometteuse et déjà très affirmée. Plus accessible, la cuvée Cornélia Constanza 2016 est un 100% grenache superbe de gourmandise.

Ferraton Ermitage 2007 : Présenté en magnum, cet assemblage roussane et marsanne de ce domaine en biodynamie est époustouflant de complexité et de persistance aromatique.

Gilles Robin Crozes Hermitage Les Marelles 2017 : Belle minéralité et bonne texture pour ce Crozes blanc facile à marier mais également pour lui-même.

Domaine des Bernardins : Boxant dans une autre catégorie, les vins de ce domaine issus du muscat à petits grains sont certes flatteurs mais parfaitement équilibrés, que l’on évoque le Doré 2016 (sec mais ni vif ni lourd), le Muscat doux 2016 (parfumé et précis) ou encore le superbe Hommage.

Le nouveau monde

[Ancien papier réécrit suite au naufrage du billet initial] Pourquoi le monde du vin exerce-t-il un pouvoir de fascination aussi marqué ? Les réponses sont bien sûr multiples, mais l’une d’entre elles repose sur les hommes et les femmes. Derrière chaque domaine, œuvrent des personnalités souvent fortes dont les caractères, valeurs et croyances se retrouvent irrémédiablement dans leurs vins. Et on ne peut donc comprendre totalement ceux-ci sans aller à la rencontre du vigneron qui est derrière.

Ma première véritable expérience professionnelle dans la vigne a débuté dans une région proche de celle de mon enfance, à Marchampt, au cœur du Beaujolais.

Sur la route du Beaujolais

Philippe Santailler veille ici sur la vigne. Philippe ? Un savant assemblage de rigueur, de bienveillance et d’expérience. Qui comme tous les viticulteurs respectueux de la tradition, doit chaque année gérer le casse-tête de la période ô combien délicate des vendanges manuelles. Où toute une année d’efforts se joue sur quelques jours. Sur les caprices de la météo, du matériel ou des hommes. Aucun domaine n’échappe à cette règle.

C’est donc à ses côtés que j’ai pu faire mes premières vendanges. Avec le recul aujourd’hui, j’aurais difficilement pu espérer mieux. Affable mais surtout volubile, il a su partager avec moi ses connaissances, mais bien au-delà ses valeurs. Et achever de me convaincre de l’impérieuse nécessité de poursuivre mes pérégrinations d’œnophile.

Le naufrage

naufrage

Avec un nom pareil… cela devait bien finir par arriver.

L’ensemble des précédents papiers de ce site ont coulés il y a une semaine ! Ils ont désormais rejoint l’emblématique navire et gisent par 3800m de fond.

Les opérations de renflouement s’annoncent longues et compliquées, mais sait-on jamais. Le vin vieillirait mieux au fond des océans…