Ode au meunier

Cette première édition du salon professionnel Wine Paris, refermée il y a deux semaines, donnait l’opportunité de participer à un certain nombre de masterclass. L’une d’entre elles avait pour intitulé « Le meunier en champagne : un secret bien gardé », et n’a pas manqué d’attirer notre attention. J’ai en effet eut la chance de collaborer par le passé avec des vignerons situés à Charly sur marne. Localisée à l’extrême ouest de la vallée de la marne, elle est parfois considérée comme la capitale du meunier. Cépage issu d’une mutation cotonneuse du pinot noir, il doit son nom à ses feuilles d’aspect farineux. Quasi-absent des appellations Grand Cru et Premier Cru, il représente pourtant à mes yeux le cépage emblématique de la champagne, à l’inverse des deux autres cépages majoritaires que l’on retrouve un peu partout et bien sûr en bourgogne. Il propose surtout un fruité charnu qui se développe particulièrement bien dans le sol argileux et humide de la vallée de la marne. Mais en bon ambassadeur du champagne, le maître de cérémonie Geoffrey Orban, précis et magistral, avait à cœur de faire découvrir 4 mono-cépages issus chacun des 4 grandes formations géologiques de la champagne.

Si le format proposé par un blog se montre assez limité lorsqu’il se contente d’énumérer vins et commentaires, et ne permet toujours pas d’associer le lecteur à la dégustation malgré les évolutions techniques, cette masterclass a notamment permis de faire la preuve :

  • Que loin de la caricature limitant le meunier à un cépage n’amenant que rondeur et fruité au champagne, il se révèle tour à tour vif, nerveux, structuré et puissant voir minéral, et se bénéficiant largement d’un vieillissement;
  • Que si son expression évolue suivant la nature du sol, le sable, le calcaire dur de la montagne de Reims ou encore le mélange argilo-calcaire de la côte des bar lui conviennent également fort bien, avec des répercussions sur la « hauteur » et le degré de présence en bouche;
  • Que le côté gastronomique ou apéritif d’un champagne 100% meunier n’a que très peu de rapport avec son dosage;
  • De l’excellence du champagne Mont Marvin de Lacroix-Triaulaire, issu des vendanges de 2011 et ne paraissant pourtant pas avoir encore atteint son apogée malgré un superbe nez sur les cailloux puis une bouche sur le coing, la mirabelle, l’amande, la badiane et le curry, avec beaucoup de mâche et ce côté enveloppant lié au sol argilo-calcaire.

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